Illustration Balançoire

Présentation de l’auteure

Écrivaine et enseignante en création littéraire, Anne Peyrouse est surtout connue pour son œuvre et son engagement poétiques. Toutefois, amoureuse des mots, elle passe de la prose à la poésie avec autant de plaisir. Elle a publié un roman: Tu ne tueras point, deux recueils de nouvelles, ainsi que six recueils de poèmes, tout en publiant dans différentes revues littéraires. Sa réflexion et ses recherches l’ont menée à la publication de quatre anthologies, dont deux sur le slam et une sur l’humour et la poésie au Québec. Elle se passionne pour les liens entre les arts visuels, la danse et la littérature, tout en espérant l’hybridité libérée de toutes formes artistiques.

Elle a gagné plusieurs prix littéraires, à la fois pour son écriture poétique et pour ses nouvelles, ainsi que le Prix d’innovation en enseignement de la poésie en 2015. Elle a été directrice littéraire des maisons d’édition Le Loup de Gouttière et Cornac (poésie).

Sables d’enfance

un amant à contre-jour de l’enfance
m’apprend la couleur de la neige
l’émeraude des chemins

Passagers de la tourmente

Je me tourne sur le côté, je sens une douleur pointue entre mes seins qui se change en coups de poing, puis en pression constante. Quelqu’un insiste et veut pénétrer mon coeur.

Grand jeté d’encre

Je tourne autour de vous, fugitive friable invisible, vous orchestrez une autre mappemonde, là où il y a des horizons vacants — à connaître, à habiter, à investir.

Comment rejoindre l’ouverture ? Comment passer entre vos jambes qui ne cessent d’escompter sur la danse pour naître et pour exister ? Comment ne pas croire à votre saut d’humanité ?

Des neiges et des cendres

Je remonte les rues. Je pose des vestes chaudes sur les murmures. J’ai pris l’éternité au milieu des regards. Toutes les fessées du monde cognent à ma chair. Trouverai-je des oiseaux à ma taille? Vivre est une fêlure qu’embrassent mes lèvres.

Dans le vertige des corps

les femmes découvrent leurs laves
au fond de moi
elles sont de grands fjords qui rêvent
l’horizon glisse sur leurs épaules
ce sont ces moments ou frémir
est bon